SCHILTIGHEIM - Couvent Saint-Charles
Edit. CH BERGERET 11 MARCHE NEUF, STRASBOURG (datée de 1923)
Le cardinal Armand Gaston de Rohan-Soubise fonda en 1734 la Congrégation des "Soeurs de la Charité" à Strasbourg, après avoir fait subir, à Chartres, un stage à 5 religieuses alsaciennes, entre 1732 et 1734.
C'est en 1855 que le chanoine Charles Spitz, archiprêtre à la cathédrale de Strasbourg, acquit un terrain à Schiltigheim d'une superficie de près de 16 hectares.
Il fonda un orphelinat de garçons, orphelins d'un seul parent. Son objectif était de les former à l'agriculture et aux métiers manuels. Au fur et à mesure, les bâtiments montèrent et s'entourèrent de champs de culture, vergers et potagers.
Les 14 soeurs de Saint-Charles se vouèrent à l'éducation des garçons de l'Assistance publique, âgés de 6 à 14 ans. Elles accueillaient aussi des personnes privées retraitées, des vieillards.
Une chapelle fut construite et inaugurée par Monseigneur Raes le 4 novembre 1868. L'achèvement des vitraux réalisés dans les Etablissements Gérard Petit, d'après les cartons d'August Steinheil est mentionné en 1876. Ces vitraux représentent la vie de saint Charles et les travaux que les enfants peuvent donc embrasser : Adam bêchant la terre, la construction de l'arche par les charpentiers, la construction du temple de Salomon pour les maçons, tailleurs de pierre et sculpteurs, pour ne prendre que quelques exemples.
En 1870, le génie de la garnison de Strasbourg voulut raser préventivement le couvent pour garantir un champ de tir libre en cas d'avertissement. Le Supérieur obtint du général Uhrich que contre-ordre fût donné. Mais lors du siège de la forterresse, le couvent fut occupé par les Prussiens du général von Werder qui y installèrent une batterie d'artillerie ainsi qu'un observatoire dans le clocheton. Le 23 août 1870, un obus tomba sur la chapelle, cassa tout mais ne prit pas feu.
L'agglomération de Schiltigheim prit une telle extension que bientôt Saint-Charles, jadis en rase campagne, fut englobé dans les pâtés de maison. Le couvent vendit de vastes terrains et toute la rue Jean-Jaurès fut établie sur son ancien domaine. La superficie totale est retombée sensiblement de 16 hectares à 8 hectares en 1949.
C'est en 1958 que l'orphelinat devint l'institut médico-pédagogique pour la rééducation de la dyslexie. Aujourd'hui, après un très imporant ouvrage de rénovation et de réhumanisation, la maison Saint-Charles reste une maison de retraite accueillante et ouverte au coeur de la cité.
C'est au cimetière Saint-Charles que sont inhumées toutes les soeurs défuntes de la Congrégation de Strasbourg.

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